{"id":1966,"date":"2017-05-22T16:06:16","date_gmt":"2017-05-22T15:06:16","guid":{"rendered":"https:\/\/lpdordogne.wordpress.com\/?p=1966"},"modified":"2017-05-22T16:06:16","modified_gmt":"2017-05-22T15:06:16","slug":"le-groupe-fred-zeller-sur-rlp-lundi-22-mai-2017","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lpdordogne.fr\/?p=1966","title":{"rendered":"Le Groupe Fred Zeller sur RLP lundi 22 mai 2017"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"art-postheader\" style=\"text-align:center;\">Cent ans de man\u0153uvres vaticanes pour subjuguer les peuples<\/h2>\n<p>chronique bas\u00e9e sur un article de Annie Lacroix-Riz publi\u00e9 dans l&rsquo;<em>Id\u00e9e libre<\/em> de septembre 2016<\/p>\n<p>[mixcloud https:\/\/www.mixcloud.com\/jlbagault\/chronique-du-groupe-fred-zeller-du-15-mai-2017\/ width=100% height=60 hide_cover=1 mini=1 light=1]<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">Annie Lacroix-Riz revient dans cet article sur un aspect de la r\u00e9action cl\u00e9ricale. Si l&rsquo;histoire permet d&rsquo;\u00e9clairer le pr\u00e9sent et de le comprendre, on pourra conclure avec l&rsquo;auteur que \u00ab ( .. .) toutes les offensives cl\u00e9ricales conduites en France ont pr\u00e9par\u00e9 des lendemains sinistres pour la d\u00e9mocratie et le peuple.\u00a0\u00bb. Ceux qui nagu\u00e8re se reconnaissaient dans la formule d&rsquo;Odilon Barrot (pr\u00e9sident du Conseil en 1848) : \u00ab\u00a0 la l\u00e9galit\u00e9 nous tue \u00bb sont les anc\u00eatres de ceux qui aujourd&rsquo;hui imposent les lois \u00e0 coup de 49.3, gr\u00e2ce \u00e0 une Constitution r\u00e9actionnaire, celle de la V\u00e8me, elle-m\u00eame fille de la Constitution c\u00e9sariste de la IInde R\u00e9publique. \u00ab\u00a0 La l\u00e9galit\u00e9 nous tue \u00bb : la formule continue \u00e0 hanter, aux 20e et 21 e si\u00e8cles, ceux qui ne peuvent r\u00e9aliser leurs objectifs que contre les desiderata de la masse de la population.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\"><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">\n<p style=\"text-align:left;\">En juin 1848, la grande bourgeoisie fit, du temps de la premi\u00e8re crise du capitalisme, une saign\u00e9e de la classe ouvri\u00e8re \u00e0 Paris apr\u00e8s avoir ferm\u00e9 les Ateliers nationaux. Cette r\u00e9pression f\u00e9roce, pr\u00e9alable indispensable \u00e0 l&rsquo;\u00e9crasement des salaires, inspira \u00e0 la progressiste George Sand la remarque \u00ab Je ne crois pas \u00e0 l&rsquo;existence d&rsquo;une R\u00e9publique qui commence par tuer ses prol\u00e9taires. \u00bb Pour abattre plus ais\u00e9ment ladite R\u00e9publique, qui avait sur le papier proclam\u00e9 le r\u00e8gne de \u00ab l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 \u00bb, la nouvelle (depuis 1789) classe dirigeante approfondit, sur la double base du cl\u00e9ricalisme et de la guerre ouverte aux ouvriers, sa r\u00e9conciliation avec l&rsquo;aristocratie qu&rsquo;elle avait combattue nagu\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">L&rsquo;ex-voltairien Thiers, gros actionnaire de la Compagnie des mines d&rsquo;Anzin, d\u00e9cida d\u00e9li- b\u00e9r\u00e9ment de se \u00abjeter aux pieds des \u00e9v\u00eaques\u00bb &lt;&lt; eux seuls peuvent nous sauver \u00bb: il fallait que le peuple priv\u00e9 du n\u00e9cessaire sur terre f\u00fbt convaincu que sa revanche viendrait (seulement) dans l&rsquo;au-del\u00e0, comme il avait \u00e9t\u00e9 d&rsquo;usage sous le r\u00e8gne de la noblesse et de la monarchie.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">La tr\u00e8s r\u00e9actionnaire Assembl\u00e9e l\u00e9gislative, dont Thiers dirigeait le \u00abparti de l&rsquo;ordre \u00bb avec Odilon Barrot, auteur de la c\u00e9l\u00e8bre formule \u00ab La l\u00e9galit\u00e9 nous tue \u00bb, vota avec entrain la Loi Falloux du 15 mars 1850. Cette loi, dont l&rsquo;aggravation r\u00e9cente a conduit les la\u00efques \u00e0 r\u00e9clamer le maintien, confiait (confie toujours) \u00e0 l&rsquo;\u00c9glise romaine une grande partie de l&rsquo;enseignement et s\u00e9parait (s\u00e9pare toujours) \u00ab deux jeunesses \u00bb fran\u00e7aises : une fraction de l&rsquo;une est en effet vou\u00e9e \u00e0 exercer sa tutelle sur la masse des deux autres. Thiers fit \u00e9galement voter la loi \u00e9lectorale du 31 mai 1850 qui rayait d&rsquo;un trait de plume le tiers des \u00e9lecteurs, trois millions d&rsquo;ouvriers : elle subordonnait le droit de voter \u00e0 la condition d&rsquo;une r\u00e9sidence de six ans \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 la classe ouvri\u00e8re se d\u00e9pla- \u00e7ait sans cesse d&rsquo;un lieu \u00e0 un autre. \u00c0 l&rsquo;outrage, l&rsquo;ex-ministre de la monarchie de Juillet Thiers ajouta l&rsquo;insulte, traitant les interdits de vote de \u00ab vagabonds\u00bb et de \u00ab vile multitude \u00bb, indignes du titre de citoyens, et les accusa de \u00ab perdre\u00bb toutes les r\u00e9publiques.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">Le cl\u00e9ricalisme eut sa politique ext\u00e9rieure, aussi \u00e9clairante que l&rsquo;int\u00e9rieure. La L\u00e9gislative r\u00e9tablit contre la r\u00e9publique et le peuple de Rome le pape (Pie IX) que les r\u00e9publicains avaient chass\u00e9 de cette ville en novembre 1848. Elle envoya de- puis juin 1849 des troupes fran\u00e7aises charg\u00e9es de ramener ce tyran, toujours aussi ha\u00ef, qui n&rsquo;osa d&rsquo;ailleurs m\u00eame pas revenir avant avril 1850 dans sa capitale tenue par l&rsquo;occupant \u00e9tranger.<br \/>\nLes \u00ab zouaves pontificaux\u00bb demeur\u00e8rent \u00e0 Rome jusqu&rsquo;en septembre 1870, apr\u00e8s que le r\u00e9gime imp\u00e9rial eut engag\u00e9 la France contemporaine dans sa premi\u00e8re d\u00e9route militaire.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">Ce ne furent pas les ouvriers qui perdirent la Deuxi\u00e8me R\u00e9publique, mais Thiers et son \u00ab parti de l&rsquo;ordre\u00bb. La Banque de France avait nagu\u00e8re fort appr\u00e9ci\u00e9 son apparent \u00ab\u00a0g\u00e9niteur\u00bb, Bonaparte (l&rsquo;ordre des facteurs \u00e9tait invers\u00e9).<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">\n<p style=\"text-align:left;\">\n<p style=\"text-align:left;\">Ses d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s politiques en conserv\u00e8rent un amour particulier pour les solutions suscep- tibles d&rsquo;apaiser la population en terrorisant les m\u00e9contents. Ils mitonn\u00e8rent donc, au milieu du 1ge si\u00e8cle, une constitution c\u00e9sariste com- portant \u00e9lection au suffrage universel d&rsquo;un pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. Ils chauff\u00e8rent en leur sein l&rsquo;apprenti dictateur qui exercerait la fonction en leur nom, Louis-Napol\u00e9on Bonaparte, neveu du pr\u00e9c\u00e9dent, \u00ab \u00e9lu\u00bb le 1 0 d\u00e9cembre 1848. La campagne \u00e9lectorale, que le \u00ab parti de l&rsquo;ordre \u00bb avait financ\u00e9e, promit tout et son contraire au peuple entier, de la paysannerie aux ouvriers. Elle inaugura toutes celles qui ont caract\u00e9ris\u00e9 la p\u00e9riode 1958-2012, o\u00f9 le grand capital se trouva \u00e0 nouveau en mesure de recourir aux pr\u00e9cieux services du pr\u00e9sidentialisme. La 5e R\u00e9publique a donc h\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;une institution, l&rsquo;\u00e9lection du pr\u00e9sident au suffrage universel, qu&rsquo;ont combattue les r\u00e9publicains depuis sa cr\u00e9ation: ils en avaient en effet pr\u00e9vu le fonctionnement autoritaire et la d\u00e9rive assur\u00e9e, souhait\u00e9e par le \u00ab parti de l&rsquo;ordre\u00bb : le coup d&rsquo;\u00c9tat du 2 d\u00e9cembre 1851, acte fondateur du Second Empire.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">Les malheurs contemporains de la science historique se sont notamment traduits par la quasi disparition de l&rsquo;enseignement du XIX\u00e8me si\u00e8cle dans le Secondaire. Aussi la population fran\u00e7aise ignore-t-elle aujourd&rsquo;hui, outre le contenu de la Constitution de la Deuxi\u00e8me R\u00e9publique, dont le \u00ab parti de l&rsquo;ordre\u00bb comptait faire l&rsquo;arme de sa dictature, la r\u00e9alit\u00e9 politique du coup d&rsquo;\u00c9tat de 1851 et du r\u00e9gime cons\u00e9cutif: r\u00e9pression f\u00e9roce anti-r\u00e9publicaine, dictature pr\u00e9fectorale, \u00ab candidature officielle\u00bb accord\u00e9e aux seuls auxiliaires \u00ab parlementaires\u00a0\u00bb du pouvoir, provocation permanente (y compris par de pr\u00e9sum\u00e9s \u00abattentats\u00bb contre l&#8217;empereur), etc., tout ce que le grand Hugo, contraint \u00e0 un long exil, d\u00e9non\u00e7a jusqu&rsquo;\u00e0 la chute de \u00ab Napol\u00e9on le Petit \u00bb comme aussi Victor Schoelcher .<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">Le m\u00e9contentement populaire progressant dans la d\u00e9cennie 1860, le \u00ab parti de l&rsquo;ordre\u00bb qui avait \u00abfait \u00bb Badinguet, affecta de le combattre.<br \/>\nThiers, qui avait \u00abperdu\u00bb la r\u00e9publique de 1848, joua les opposants sur la fin du r\u00e9gime, puis en 1870-1871 s&rsquo;allia avec les faux \u00abr\u00e9publicains\u00bb que le peuple parisien inqui\u00e9tait infiniment plus que la Prusse. Cette alliance clandestine d\u00e9boucha sur une nouvelle saign\u00e9e ouvri\u00e8re, la r\u00e9pression de la Commune du printemps 1871.<br \/>\nCe fut la premi\u00e8re tentative de gouvernement ouvrier, et la seconde (apr\u00e8s celle de l&rsquo;an II) de lev\u00e9e en masse contre l&rsquo;ennemi ext\u00e9rieur.<br \/>\nThiers, aimablement fourni en prisonniers de guerre rel\u00e2ch\u00e9s par Bismarck, paysans qu&rsquo;on \u00ab chauffa \u00bb en les persuadant que les \u00ab partageux \u00bb en voulaient \u00e0 leurs (modestes) biens, noya l&rsquo;ensemble dans le sang. \u00c0 la tentative nationale de mobilisation, la grande bourgeoisie pr\u00e9f\u00e9rait de beaucoup l&rsquo;occupation par la Prusse d&rsquo;une large partie du territoire et la cession \u00ab d\u00e9finitive\u00bb d&rsquo;une autre (l&rsquo;Alsace-Moselle, consentie sans l&rsquo;ombre d&rsquo;une h\u00e9sitation) \u00e0 la lev\u00e9e en masse populaire contre l&rsquo;ennemi ext\u00e9rieur. Le g\u00e9n\u00e9ral Bazaine livra \u00e0 l&rsquo;ennemi dans Metz, en capitulant sans combat le 27 octobre 1870, des centaines de milliers de soldats dont une partie, \u00abrestitu\u00e9s\u00bb, tueraient les ouvriers parisiens. Ainsi anticipa-t-il sur un \u00e9v\u00e9nement (en apparence) mieux connu, la D\u00e9faite programm\u00e9e de mai-juin 1940. Trait\u00e9 de Francfort du 10 mai 1871 et boucherie de la Semaine sanglante (22-28 mai) all\u00e8rent de pair.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">La conjoncture scientifique relat\u00e9e ici, explique que la population fran\u00e7aise ignore l&rsquo;existence et l&rsquo;ampleur de la trahison nationale et de la r\u00e9pression ami-ouvri\u00e8re: plus de 30 000 ouvriers tu\u00e9s en une semaine, soit plus que la totalit\u00e9 de la Terreur r\u00e9volutionnaire d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e en 1793-1794 contre l&rsquo;Europe monarchique coalis\u00e9e contre la France. \u00c0 cette nouvelle tuerie succ\u00e9da, outre une r\u00e9pression du mouvement ouvrier destin\u00e9e \u00e0 emp\u00eacher sa renaissance, une phase exceptionnelle de cl\u00e9ricalisme. La grande bourgeoisie avait organis\u00e9 la d\u00e9faite en d\u00e9l\u00e9guant ses auxiliaires politiques aux tractations avec Bismarck. Elle pr\u00e9tendit faire \u00ab expier\u00bb ladite d\u00e9faite et \u00ab les crimes des communards\u00bb en \u00ab vouant la France impie au Sacr\u00e9-C\u0153ur \u00bb. Elle commen\u00e7a l&rsquo;ouvrage en faisant voter en juillet 1873 par l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale (\u00e9lue sous l&rsquo;\u0153il de l&rsquo;ennemi en f\u00e9vrier 1871) le principe de la construction d&rsquo;une basilique \u00ab vou\u00e9e\u00bb \u00e0 Paris m\u00eame \u00abau Sacr\u00e9-C\u0153ur \u00bb. Il demeure donc des traces architecturales de cette obsession cl\u00e9ricale des cinq premi\u00e8res ann\u00e9es de la d\u00e9cennie 1870 telles que le chou \u00e0 la cr\u00e8me qui d\u00e9figure Montmartre.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">L&rsquo;\u00ab Ordre Moral \u00bb, pass\u00e9 de Thiers au duc de Broglie, avait plong\u00e9 la France dans une atmosph\u00e8re de sacristie renouant avec celle de la d\u00e9faite ouvri\u00e8re du milieu du si\u00e8cle. Le triomphe de Tartuffe devait p\u00e9renniser l&rsquo;\u00e9chec ouvrier de 1871, objectif que fit \u00e9chouer, au moins en partie, la renaissance du mouvement ouvrier des ann\u00e9es 1880.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">Ainsi avait \u00e9clat\u00e9 la r\u00e9action cl\u00e9ricale que la papaut\u00e9 \u00e9vinc\u00e9e de Rome avait relanc\u00e9e avec une \u00e9nergie d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, et qui caract\u00e9risa toute la p\u00e9riode historique qui suivit: terreur sociale d&rsquo;origine \u00ab la\u00efque\u00bb et terreur pontificale ne cess\u00e8rent plus de se conjuguer et de se renforcer mutuellement. Une partie grandissante de la grande bourgeoisie fran\u00e7aise abdiqua d\u00e9finitivement les Lumi\u00e8res qui lui avaient tant servi \u00e0 l&rsquo;\u00e8re du combat contre l&rsquo;aristocratie. Toutes les p\u00e9riodes d&rsquo;intense r\u00e9action sociale bourgeoise se distingu\u00e8rent depuis 1848 en France, terre de la R\u00e9volution bourgeoise \u00ab pure\u00bb et de la revendication des Lumi\u00e8res la plus radicale, par une terrible offensive cl\u00e9ricale.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">Les anti-Lumi\u00e8res avaient triomph\u00e9 en France au cours de la premi\u00e8re crise capitaliste (concomitante d&rsquo;une derni\u00e8re crise agricole \u00ab d&rsquo;ancien r\u00e9gime \u00bb) puis au d\u00e9but de la premi\u00e8re crise capitaliste \u00ab pure \u00bb (qui devait d\u00e9boucher sur la phase imp\u00e9rialiste du capitalisme mondial et la Premi\u00e8re Guerre mondiale). La crise syst\u00e9mique des ann\u00e9es 1930 (qui aboutit \u00e0 la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale) porta \u00e0 l&rsquo;incandescence le cl\u00e9ricalisme qui devait accompagner puis suivre l&rsquo;assassinat de la Troisi\u00e8me R\u00e9publique. Cette nouvelle pouss\u00e9e se produisit apr\u00e8s Munich (29- 30 septembre 1938) ou plut\u00f4t apr\u00e8s le\u00ab Munich int\u00e9rieur\u00bb qui suivit d&rsquo;\u00e0 peine deux mois (30 novembre 1938) la liquidation de l&rsquo; \u00ab alliance de revers\u00bb tch\u00e9coslovaque de la France.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">Elle est d&rsquo;autant plus int\u00e9ressante qu&rsquo;elle est par divers points la plus proche de la pr\u00e9sente offensive cl\u00e9ricale, par la conjoncture tant int\u00e9rieure qu&rsquo;ext\u00e9rieure. La grande bourgeoisie \u00e9prouvait alors pour le Reich la m\u00eame passion d\u00e9vorante que celle qu&rsquo;elle voue aux \u00c9tats-Unis depuis que le \u00ab rempart allemand\u00bb s&rsquo;est effondr\u00e9 dans les plaines de Russie (depuis le deuxi\u00e8me semestre 1941). Le projet fran\u00e7ais de dictature contre les salaires, incarn\u00e9 depuis 1934 en l&rsquo;\u00e9quipe P\u00e9tain-Laval, \u00e9tait entr\u00e9 dans sa quasi ultime phase \u00ab r\u00e9publicaine \u00bb, celle du gouvernement Daladier-Bonnet, en avril 1938.<br \/>\nLa victoire directe contre le salaire fut remport\u00e9e en novembre, dans une concertation totale entre les conf\u00e9d\u00e9r\u00e9s de Jouhaux et Belin de la CGT, le patronat et l&rsquo;\u00c9tat, contre les \u00abunitaires\u00bb que les luttes de 1936 avaient renforc\u00e9s.<br \/>\nElle fut suivie de dispositions d&rsquo;une violence inou\u00efe contre tous les salari\u00e9s, hausse des prix, baisse nominale et r\u00e9elle des salaires, hausse de la dur\u00e9e l\u00e9gale du travail de 40 \u00e0 48 heures, alors m\u00eame que la dur\u00e9e r\u00e9elle du travail n&rsquo;atteignait pas 37. L&rsquo;escort\u00e8rent des mesures x\u00e9nophobes exceptionnelles, qui frapp\u00e8rent tous les ouvriers \u00e9trangers en g\u00e9n\u00e9ral, les antifascistes italiens, allemands (juifs ou non), juifs polonais et espagnols en particulier.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">Dans la R\u00e9publique agonisante, la gauche radicale, soutenue, malgr\u00e9 les apparences, par la SFIO, ex\u00e9cutait au gouvernement, aupr\u00e8s de la droite dite classique, la politique de la Banque de France et du Comit\u00e9 des Forges. Les ligues soud\u00e9es en Cagoule depuis 1936 et financ\u00e9es par les m\u00eames (noyau synarchique au sommet) hurlaient \u00e0 l&rsquo;hallali. Les forces concern\u00e9es soit pr\u00e9paraient directement le coup d&rsquo;\u00c9tat soutenu par l&rsquo;Axe Rome-Berlin (puis Madrid de Franco), soit en \u00e9taient complices actives, soit, parfaitement inform\u00e9es, ne s&rsquo;y opposaient pas. Le coup d&rsquo;\u00c9tat se concoctait sous l&rsquo;\u00e9gide d&rsquo;un \u00ab parti de l&rsquo;ordre\u00bb aussi cl\u00e9rical qu&rsquo;un si\u00e8cle auparavant.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">C&rsquo;est dans ce contexte que se d\u00e9ploya un cl\u00e9ricalisme \u00ab r\u00e9publicain\u00bb dont la France n&rsquo;avait pas connu d&rsquo;exemple depuis la S\u00e9paration de l&rsquo;\u00c9glise et de l&rsquo;\u00c9tat de 1905. L&rsquo; op\u00e9ration, commenc\u00e9e sous Daladier (avril 1938-mars 1940), poursuivie sous Reynaud (mars-juin 1940) consistait, sous pr\u00e9texte de plaire au Vatican, \u00e0 rendre aux forces r\u00e9actionnaires tout ce que la S\u00e9paration leur avait \u00f4t\u00e9. Le Vatican eut m\u00eame droit \u00e0 un ministre sp\u00e9cifiquement \u00ab catholique \u00bb, Champetier de Ribes, annonciateur de la casse de la l\u00e9gislation de 1905. La d\u00e9claration de guerre permit de neutraliser les antifascistes les plus r\u00e9solus, via l&rsquo;interdiction du PCF et la r\u00e9pression contre ses militants. Laquelle intervint juste apr\u00e8s que Bonnet eut promis au Reich, le 1er juillet 1939, de \u00ab mettre les communistes \u00e0 la raison\u00bb et que Daladier eut, en fin de mois, annonc\u00e9 que les \u00e9lections pr\u00e9vues pour mai 1940 n&rsquo;auraient pas lieu avant 1942.<br \/>\nIl est des p\u00e9riodes o\u00f9 un scrutin d\u00e9plaisant aux sph\u00e8res dirigeantes, d\u00e9j\u00e0 ntervenu, est annul\u00e9 d&rsquo;un trait \u00ab parlementaire \u00bb. \u00c0 l&rsquo;heure de la dictature de Daladier (je dis bien dictature), les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s politiques du grand capital annonc\u00e8rent qu&rsquo;ils se passeraient de vote. L&rsquo;\u00e9crasante majorit\u00e9 du Parlement, qui avait souscrit \u00e0 cette dictature aussi bien que le Reichstag \u00e0 celle de Br\u00fcning de 1930 \u00e0 1932 \u2013 sauf les communistes dans les deux cas -, s&rsquo;en accommoda: soit ouvertement, des radicaux \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame droite, soit plus discr\u00e8tement, la majorit\u00e9 de la SFIO. \u00ab La l\u00e9galit\u00e9 nous tue\u00bb : la formule continue \u00e0 hanter, aux 20e et 21e si\u00e8cles, ceux qui ne peuvent r\u00e9aliser leurs objectifs que contre les desiderata de la masse de la population.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">Les plans de la dictature aggrav\u00e9e pr\u00e9vue dans le cadre d&rsquo;une d\u00e9faite pr\u00e9par\u00e9e en compagnie de l&rsquo;ennemi ext\u00e9rieur, ouvrirent un boulevard au cl\u00e9ricalisme: les conjur\u00e9s, avec en t\u00eate P\u00e9tain et Weygand -surnomm\u00e9 \u00ab le Tartuffe \u00bb de l&rsquo;\u00c9tat-major &#8211; se r\u00e9clamaient jusqu&rsquo;au d\u00e9lire de l&rsquo;\u00c9glise romaine. L&rsquo;entreprise s&#8217;emballa d\u00e8s janvier 1940, en pleins pr\u00e9paratifs du proc\u00e8s des d\u00e9put\u00e9s communistes emprisonn\u00e9s: les cl\u00e9ricaux tonnaient contre \u00ab le silence des discours officiels sur le nom de Dieu \u00bb, contre un \u00ab enseignement public d\u00e9pouill\u00e9 de toute pens\u00e9e chr\u00e9tienne formant une jeunesse ignorante du Christ et enseignant une morale sans fondement\u00bb et contre le maintien d&rsquo; \u00ab un ostracisme d\u00e9suet envers les religieux \u00bb (abb\u00e9 Bergey, futur collaborationniste fr\u00e9n\u00e9tique, dans La Croix du 24 janvier). La r\u00e9action synarcho-cagoularde qui, avec l&rsquo;aide des faux \u00ab r\u00e9publicains \u00bb, truffait l&rsquo;appareil d&rsquo;\u00c9tat, ne d\u00e9montrait pas seulement ainsi sa bigoterie notoire. Elle avait besoin des services directs de la Curie: le Vatican, \u00e0 Rome et via son nonce, Valerio Valeri, fut directement impliqu\u00e9 dans les n\u00e9gociations de \u00ab paix\u00bb et de trahison entre septembre 1939 et l&rsquo;armistice du 22 juin 1940.<\/p>\n<p style=\"text-align:left;\">Vichy fit \u00e9clater au jour ce cl\u00e9ricalisme mal connu de la sinistre \u00e8re munichoise. Le silence \u00e9tabli d&#8217;embl\u00e9e sur l&rsquo;enfantement de ce r\u00e9gime a \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9 depuis lors. Le maintien en place dans la France d&rsquo; apr\u00e8s- Lib\u00e9ration de la quasi-totalit\u00e9 des v\u00e9ritables cadres dirigeants de la \u00ab r\u00e9volution nationale \u00bb (comme de l&rsquo;\u00e8re \u00ab r\u00e9publicaine \u00bb) a interdit aux Fran\u00e7ais d&rsquo;en conna\u00eetre les origines. Retenons-en ici que toutes les offensives cl\u00e9ricales conduites en France ont pr\u00e9par\u00e9 des lendemains sinistres pour la d\u00e9mocratie et le peuple.<\/p>\n<p style=\"text-align:center;\">Pour \u00e9changer sur ce sujet, <a title=\"Contacter le Groupe Fred Zeller\" href=\"https:\/\/lpdordogne.wordpress.com\/contacter-le-groupe-fred-zeller\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">contactez le Groupe Fred Zeller<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align:center;\">courriel : <a href=\"mailto:contact@lpdordogne.fr\">contact@lpdordogne.fr<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cent ans de man\u0153uvres vaticanes pour subjuguer les peuples chronique bas\u00e9e sur un article de Annie Lacroix-Riz publi\u00e9 dans l&rsquo;Id\u00e9e libre de septembre 2016 [mixcloud https:\/\/www.mixcloud.com\/jlbagault\/chronique-du-groupe-fred-zeller-du-15-mai-2017\/ width=100% height=60 hide_cover=1 mini=1 light=1] Annie Lacroix-Riz revient dans cet article sur un aspect de la r\u00e9action cl\u00e9ricale. 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